📋 Article 09/03/2026 - 12:27 👁️ 162 vues

La guerre au Moyen-Orient : peur ou appel à la paix ? Un éclairage biblique et théologique du Rév. Dr Alphonse TEYABE

La guerre au Moyen-Orient : peur ou appel à la paix ? Un éclairage biblique et théologique  du Rév. Dr Alphonse TEYABE

Dans un contexte international marqué par de fortes tensions au Moyen-Orient, avec l’escalade militaire impliquant Israël, l’Iran et les États-Unis, les inquiétudes grandissent quant aux conséquences géopolitiques, économiques et spirituelles pour le monde entier, y compris pour l’Afrique. Face à cette situation préoccupante, la réflexion théologique et éthique apparaît nécessaire pour éclairer les consciences et rappeler l’appel biblique à la paix, à la responsabilité des nations et à la prière pour les peuples.

Pour mieux comprendre la portée de cette crise à la lumière de la foi chrétienne, le Révérend Docteur Alphonse TEYABE répond aux questions de Jeannine Yongo Etha, journaliste à Radio Bonne Nouvelle Douala.

Au micro de la radio, il propose une lecture à la fois biblique, théologique et géopolitique des événements actuels, en invitant les chrétiens à éviter les interprétations simplistes, à garder une conscience morale face aux conflits internationaux et à demeurer des artisans de paix dans un monde traversé par la violence et l’incertitude.

Cette interview revient notamment sur la portée biblique de la guerre au Moyen-Orient, sur les raisons du soutien constant des États-Unis à Israël, et sur le rôle que l’Église doit jouer aujourd’hui comme voix prophétique, appelant à la sagesse, à la prière et à la recherche de la paix entre les nations.


1) Docteur Alphonse TEYABE, quelle est la portée biblique de la guerre actuelle au Moyen-Orient avec les frappes des USA et d'Israël sur l'Iran et les conséquences sur les autres pays ? 

D’un point de vue biblique, les tensions actuelles au Moyen-Orient, impliquant notamment l’État d’Israël, l’Iran et les États-Unis, doivent être abordées avec prudence et discernement. La Bible affirme que Dieu demeure souverain sur l’histoire des nations (Daniel 2.21), mais elle ne nous autorise pas à interpréter chaque conflit comme l’accomplissement direct d’une prophétie. Jésus lui-même avertit que nous entendrons parler de guerres et de bruits de guerres, mais que cela ne signifie pas nécessairement la fin (Matthieu 24.6).

Dans l’Écriture, Israël occupe une place particulière dans l’histoire du salut, mais le Nouveau Testament montre que le plan de Dieu s’étend à toutes les nations. L’Église ne doit donc pas lire les conflits modernes uniquement avec une grille prophétique simpliste, comme si chaque guerre annonçait immédiatement la fin des temps. La mission chrétienne reste la proclamation de l’Évangile et la recherche de la paix.

La tradition chrétienne, depuis Augustin jusqu’à Thomas d’Aquin, rappelle que même lorsqu’une guerre est invoquée comme nécessaire, elle doit répondre à des critères moraux stricts : cause juste, proportionnalité et protection des innocents. Or les conflits actuels montrent surtout la fragilité morale du monde.

La portée biblique principale n’est donc pas d’annoncer la fin du monde, mais d’appeler les croyants à la vigilance spirituelle, à la prière pour les nations et à l’engagement pour la paix, car « heureux les artisans de paix » (Matthieu 5.9).

 2) Pourquoi les États-Unis sont-ils toujours prêts à protéger Israël ? 

La protection constante d’Israël par les États-Unis s’explique d’abord par des raisons géopolitiques, historiques et stratégiques, avant d’être religieuses. Depuis la création d’Israël en 1948, les États-Unis considèrent ce pays comme un allié majeur au Moyen-Orient, une région essentielle pour l’équilibre mondial à cause des ressources énergétiques, des routes commerciales et des rivalités entre grandes puissances.

Sur le plan stratégique, Israël est perçu comme un partenaire stable dans une zone marquée par de nombreux conflits. Les États-Unis cherchent ainsi à maintenir leur influence face à d’autres puissances comme la Russie ou la Chine. Cette alliance repose donc largement sur des intérêts politiques, militaires et économiques.

Cependant, il existe aussi une dimension religieuse. Une partie importante du monde évangélique américain croit que le soutien à Israël correspond au plan de Dieu dans l’histoire. Certains se réfèrent aux promesses faites à Abraham (Genèse 12.3) pour justifier un soutien particulier au peuple juif. Cette conviction influence parfois la politique américaine, même si l’État agit d’abord selon ses intérêts nationaux.

D’un point de vue théologique, il faut rester équilibré. Dieu aime Israël, mais il aime aussi toutes les nations. L’Église ne doit pas confondre le Royaume de Dieu avec les stratégies des puissances terrestres. Le rôle des chrétiens n’est pas de justifier la guerre, mais d’appeler à la justice, à la responsabilité et à la paix entre les peuples. 

3) Concrètement, que doivent faire les chrétiens face à cette guerre au Moyen-Orient ? Doivent-ils y voir un signe des temps ou un appel à la prière et à l’engagement pour la paix ? 

Face à la guerre actuelle au Moyen-Orient, les chrétiens doivent avant tout adopter une attitude de discernement spirituel, de responsabilité morale et de prière, plutôt que de céder à la peur ou aux interprétations hâtives. Jésus a clairement averti que nous entendrions parler de guerres et de bruits de guerres, mais il a aussi ajouté : « Gardez-vous d’être troublés » (Matthieu 24.6). Cela signifie que tous les conflits ne doivent pas être automatiquement considérés comme des signes immédiats de la fin des temps.

L’histoire du monde a toujours été marquée par des tensions, des rivalités et des guerres. La Bible ne nous appelle pas à vivre dans l’angoisse permanente, mais dans la vigilance et dans l’espérance. Voir chaque crise comme l’accomplissement direct d’une prophétie peut conduire à des lectures simplistes et parfois dangereuses, qui détournent les croyants de leur véritable mission.

Concrètement, les chrétiens sont appelés à prier pour les nations, pour les dirigeants et pour les peuples qui souffrent, conformément à l’exhortation de l’apôtre Paul (1 Timothée 2.1-2). La prière n’est pas une fuite, mais une responsabilité spirituelle, car elle rappelle que Dieu reste souverain sur l’histoire.

En même temps, l’Église doit être une voix prophétique dans le monde, en appelant à la justice, à la retenue et à la recherche sincère de la paix. Jésus déclare : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5.9).

Ainsi, plus qu’un motif de peur, cette crise doit être pour les chrétiens un appel à la foi, à la lucidité et à l’engagement pour la paix.


 4. Donald Trump est contesté mais aussi soutenu par des chrétiens. Peut-on, à la lumière de la Bible, le voir comme un David face aux grandes puissances ?

Comparer un dirigeant politique contemporain à David dans la Bible demande beaucoup de prudence. Dans les Écritures, David n’est pas seulement un chef de guerre, il est d’abord un homme choisi par Dieu pour accomplir une mission particulière dans l’histoire du salut. La Bible montre aussi que David n’était pas parfait : il a commis des fautes graves, mais il était un homme capable de repentance et d’humilité devant Dieu. Utiliser cette figure pour justifier ou condamner un responsable politique moderne peut conduire à des interprétations simplistes.

Le soutien de certains chrétiens à Donald Trump s’explique souvent par des raisons morales, culturelles ou politiques, notamment sur des questions liées à la liberté religieuse, à la défense de certaines valeurs conservatrices ou à la protection d’Israël. Cependant, la foi chrétienne ne doit jamais s’identifier totalement à un pouvoir politique. L’Évangile nous rappelle que le Royaume de Dieu ne se confond avec aucune nation ni avec aucun dirigeant.

Dire qu’un président serait un « David » face aux grandes puissances peut être une image symbolique, mais elle ne doit pas devenir une justification spirituelle automatique. Le critère biblique reste la justice, la vérité, la miséricorde et la recherche de la paix.

Les chrétiens sont donc appelés non pas à idolâtrer les dirigeants, mais à prier pour eux, à exercer le discernement et à rester fidèles à l’Évangile.

Publié par: Clovis Fotso

Commentaires

👤 Autres articles de Clovis Fotso

📋

Article
👁️ 184 14/04/2026
📢

Annonce
👁️ 211 10/04/2026
📢
📢
📢

YOUTH EVANGELISM WEEK 2026

Annonce
👁️ 172 01/04/2026
📢

JOYOUS EASTER CELEBRATION

Annonce
👁️ 115 01/04/2026

📅 Agenda Gospel

Mois en cours

Avril 2026

D
L
M
M
J
V
S
1
+
2
+
3
+
4
+
5
+
6
+
7
+
8
+
9
+
10
+
11
+
12
+
13
+
14
+
15
+
16
+
17
+
18
+
19
+
20
21
22
23
24
+
25
26
+
27
28
29
30
Mois suivant

Mai 2026

D
L
M
M
J
V
S
1
+
2
+
3
+
4
5
6
7
+
8
+
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Publicité

📢

Votre publicité ici

300x250 px